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Tout laisse à le croire. Plusieurs formations politiques opposées au régime de Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont entamé des discussions en vue d’une coalition unitaire. Dimanche 2 février 2025, une rencontre décisive s’est tenue au siège de « Taxawu Senegaal » sous l’égide de Khalifa Sall, leader de cette formation.

Cette initiative a rassemblé des figures de l’Alliance pour la République (APR), des partis de gauche comme la Ligue Démocratique (LD) et le Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT), ainsi que des formations historiques telles que le Parti Socialiste (PS) et l’Alliance des Forces de Progrès (AFP). L’objectif principal de cette concertation est de jeter les bases d’un cadre politique unitaire afin de mieux structurer l’opposition face à la coalition au pouvoir.

Vers une coalition structurée ?

Cette démarche intervient dans un contexte politique où l’opposition peine à s’imposer face à l’hégémonie du PASTEF et de ses alliés. L’éclatement des forces politiques opposantes a jusqu’à présent constitué un frein à une alternative crédible. Or, en unissant leurs forces, ces partis pourraient peser plus lourd dans le débat public et préparer une stratégie commune pour les prochaines joutes électorales.

Le comité d’initiative mis en place sous la direction de Khalifa Sall aura pour mission de définir les modalités de cette coalition. Parmi les chantiers prioritaires, il s’agira de déterminer une plateforme commune, de clarifier les lignes idéologiques compatibles et de désigner un leadership consensuel. La question des ambitions personnelles des différents leaders et des divergences internes représente un défi majeur à surmonter.

Un contexte politique mouvant

Cette tentative d’unification de l’opposition intervient alors que le gouvernement en place poursuit des réformes profondes, notamment sur le plan économique et institutionnel. Certains acteurs politiques accusent le pouvoir de concentrer les décisions et de marginaliser les partis d’opposition dans la gestion des affaires publiques.

D’autre part, les législatives du 17 novembre 2024 ont redéfini le rapport de forces au sein de l’Assemblée nationale, donnant une large majorité au camp présidentiel. Face à cette réalité, l’opposition cherche une nouvelle dynamique pour regagner en influence et préparer les prochaines échéances politiques.

Une union durable ou une alliance conjoncturelle ?

Si cette initiative suscite un certain engouement, la question de sa durabilité reste posée. Les alliances politiques au Sénégal ont souvent été marquées par des ruptures et des recompositions en fonction des intérêts électoraux. Reste à voir si cette nouvelle tentative de coalition réussira à établir une base programmatique solide et à surmonter les désaccords internes.

Quoi qu’il en soit, la rencontre du 2 février marque une étape importante dans le paysage politique sénégalais. La volonté de structurer une opposition unie face au régime en place pourrait redessiner les équilibres politiques à moyen terme, en prélude aux prochaines batailles électorales.

Yankhouba Thiam