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Monsieur le Ministre,

Votre texte reflète une critique acerbe de la proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie du 13 mars 2024, et vous y exprimez une profonde indignation face à ce que vous considérez comme une trahison des promesses faites au peuple. En tant que membre de PASTEF, je tiens à répondre à vos accusations et à clarifier la position de notre mouvement.

Tout d’abord, il est important de rappeler que PASTEF a toujours milité pour la justice, la transparence et l’équité. Notre engagement en faveur de la démocratie et des droits humains est indéniable. La loi d’amnistie, comme toute mesure politique, doit être évaluée dans son contexte global. Si une loi interprétative a été proposée, c’est peut-être pour répondre à des ambiguïtés juridiques ou pour éviter des interprétations abusives qui pourraient nuire à la stabilité du pays.

Vous accusez PASTEF d’être à l’origine de crimes et de délits, et vous qualifiez cette loi d’aveu de ces actes. Ces accusations sont graves et méritent d’être étayées par des preuves concrètes. PASTEF rejette catégoriquement toute implication dans des actes de violence ou de destabilisation. Notre mouvement a toujours prôné la paix et le dialogue comme moyens de résolution des conflits. Si des membres individuels ont commis des actes répréhensibles, ils doivent répondre de leurs actions devant la justice, mais cela ne doit pas servir à discréditer l’ensemble du mouvement.

En ce qui concerne la protection des délinquants, il est essentiel de distinguer entre les actes individuels et la position collective d’un parti politique. PASTEF ne cherche pas à protéger des criminels, mais à défendre les droits de tous les citoyens, y compris ceux qui sont injustement accusés ou persécutés pour des motifs politiques. La justice doit être impartiale et équitable, et non instrumentalisée à des fins partisanes.

Vous parlez de « justice des vainqueurs », une expression qui souligne les déséquilibres de pouvoir et les injustices qui peuvent en découler. PASTEF est conscient de ces risques et continue de lutter pour une véritable justice transitionnelle qui prenne en compte les souffrances de toutes les victimes, quelles que soient leurs affiliations politiques. Les indemnisations ou autres mesures doivent être justes et équitables, et non perçues comme des récompenses pour les uns et des punitions pour les autres.

Enfin, votre texte exprime un sentiment de trahison et de désillusion. Nous comprenons cette frustration, mais nous croyons fermement que la solution réside dans le dialogue et la collaboration plutôt que dans la division et l’accusation. PASTEF reste ouvert au dialogue avec toutes les forces politiques, y compris celles qui ne partagent pas nos vues, afin de construire ensemble un avenir meilleur pour notre pays.

PASTEF réaffirme son engagement en faveur de la justice, de la démocratie et de la réconciliation nationale. Nous rejetons les accusations infondées et appelons à un débat constructif et respectueux pour surmonter les défis auxquels notre nation est confrontée.

Respectueusement,
Adnane Diouf
Pastef Guinaw Rails Nord