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Louga, Sénégal – Le maire de Louga, Moustapha Diop, se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire complexe impliquant un détournement présumé de plus de 700 millions de F CFA au sein de l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels (Aprosi). Cette affaire, qui fait déjà grand bruit dans les milieux politiques et judiciaires, met également en cause Tabaski Ngom, ancienne agente comptable particulière (ACP) de la Commission de Régulation du Secteur de l’Énergie (CRSE) et inspectrice du Trésor.

Selon des sources judiciaires, cette affaire a été portée à l’attention des autorités compétentes suite à une série de lettres officielles émanant des plus hautes instances judiciaires du pays. La lettre n° 000154/MJ/CAB/DC du 10 mars 2025, signée par le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a transmis deux autres lettres : la n° 002/PPCAD/NF du 7 mars 2025, provenant du Premier Président de la Cour d’Appel de Dakar, et la n° 02/2025/PTGIHC/DK/cs du 6 mars 2025, émanant du Président du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar. Ces documents demandent la levée de l’immunité parlementaire de Moustapha Diop, afin de permettre une enquête approfondie sur son implication présumée dans cette affaire.

Les juges d’instruction des premier et cinquième cabinets du Pool Judiciaire Financier (PJF) ont soumis une requête pour que l’immunité parlementaire du maire soit levée, arguant qu’il existe des éléments substantiels justifiant une enquête approfondie. Les investigations préliminaires suggèrent que les fonds détournés auraient été utilisés à des fins personnelles ou pour financer des activités illicites, bien que les détails exacts restent à confirmer.

Tabaski Ngom, l’ancienne agente comptable particulière de la CRSE, est également visée par cette enquête. Son rôle dans cette affaire serait lié à la gestion des fonds publics au sein de l’Aprosi, où elle aurait facilité, selon les premières constatations, des transferts irréguliers de fonds.

L’implication d’une figure politique aussi importante que Moustapha Diop dans une affaire de cette envergure ne manque pas de susciter des réactions vives. Les partis d’opposition ont déjà appelé à une transparence totale dans l’enquête, tandis que les partis au pouvoir appellent à la prudence, rappelant que toute personne est présumée innocente jusqu’à preuve du contraire.

Cette affaire pourrait avoir des répercussions significatives sur la scène politique sénégalaise, notamment en ce qui concerne la gestion des fonds publics et la lutte contre la corruption. Elle met également en lumière les défis auxquels font face les institutions judiciaires dans leur quête de justice et de transparence.

La levée de l’immunité parlementaire de Moustapha Diop est une étape cruciale pour permettre aux juges d’instruction de poursuivre leurs investigations. Si cette levée est accordée, le maire de Louga pourrait être convoqué pour des interrogatoires supplémentaires, voire être mis en examen, en fonction des preuves recueillies.

En attendant, les sénégalais suivent de près cette affaire, espérant que la justice sera rendue de manière impartiale et que les responsables, s’il y en a, seront tenus pour comptables de leurs actes.

L’affaire du détournement présumé de plus de 700 millions de F CFA au sein de l’Aprosi, impliquant le maire de Louga et Tabaski Ngom, est un rappel des défis persistants en matière de gouvernance et de transparence au Sénégal. Alors que l’enquête se poursuit, il est essentiel que les institutions judiciaires travaillent en toute indépendance pour garantir que la vérité éclate au grand jour.

Yankhouba Thiam