Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment mis en lumière l’existence d’une dette publique « cachée » au Sénégal, estimée à environ 7 milliards de dollars (4 250 milliards de FCFA). Cet écart considérable, constaté entre 2019 et 2024, soulève des questions sur la transparence financière sous l’ancien président Macky Sall. Alors que le gouvernement déclarait une dette représentant 70 % du PIB, la Cour des comptes, soutenue par le FMI, l’évaluait plutôt à près de 100 % du PIB.
Un écart révélateur et des accusations de sous-estimation volontaire
Selon Edward Gemayel, chef de la délégation du FMI au Sénégal, « il y a eu une décision très consciente de sous-estimer le stock de la dette au cours des cinq dernières années ». Cette déclaration confirme les conclusions de la Cour des comptes, qui avait déjà alerté sur l’ampleur réelle de l’endettement public.
Cette divergence entre les chiffres officiels et ceux des institutions de contrôle met en évidence un manque de transparence dans la gestion des finances publiques sous l’ère Macky Sall. Le FMI, en alignant son analyse avec celle de la Cour des comptes, renforce les inquiétudes sur la soutenabilité de la dette sénégalaise.
Les implications économiques et politiques
Une dette approchant 100 % du PIB place le Sénégal dans une situation financière précaire, limitant sa marge de manœuvre pour les investissements publics et augmentant les risques de dépendance aux créanciers internationaux. Cette révélation intervient dans un contexte politique tendu, où le nouveau gouvernement, dirigé par Bassirou Diomaye Faye, doit faire face aux héritages économiques de l’ancienne administration.
Questions en suspens :
Qui est responsable de cette sous-déclaration ?
Quelles mesures seront prises pour garantir une meilleure transparence à l’avenir ?
Comment le Sénégal va-t-il gérer cette dette supplémentaire sans compromettre sa croissance ?
Conclusion : Un besoin urgent de réformes
La révélation du FMI confirme les craintes de nombreux économistes et acteurs politiques sur l’opacité de la gestion financière passée. Pour restaurer la confiance des partenaires internationaux et des citoyens, le Sénégal devra renforcer ses mécanismes de contrôle et adopter une gouvernance plus transparente.
Yankhouba Thiam
