Le concept Navétane Tour, récemment lancé par Guediawayeinfos TV, s’est arrêté ce Mardi à l’ASC Olympique de Minam, un club dynamique situé à Djidad Thiaroye Kao, près du marché Bou Bess. C’est dans ce quartier populaire que l’équipe de rédaction, dirigée par le journaliste Laye Cissé, a été accueillie avec ferveur par les dirigeants, joueurs et supporters du club. Cette tournée vise à promouvoir la paix et la non-violence dans les compétitions Navétanes, souvent marquées par des tensions sur et en dehors des terrains.
Créée en 2014, l’ASC Olympique de Minam est née de la volonté de Cheikh Mbaye, un fils du quartier, qui fut son tout premier président. À l’origine affiliée à la zone de Yeumbeul, l’ASC a intégré la zone 3 de Guediawaye, une décision stratégique pour évoluer dans un environnement plus apaisé. L’histoire du club témoigne d’un parcours semé d’embûches, mais aussi d’une détermination à préserver la cohésion communautaire à travers le sport.
El Hadji Abdoul Sy, figure respectée du quartier de Minam, rappelle qu’il vit là depuis 50 ans. Selon lui, ce déplacement de zone est un appel à la responsabilité : “On doit comprendre qu’un match, c’est une victoire, une défaite ou un nul. Si un de nos membres se rend coupable de violence, il est automatiquement exclu.” Son discours traduit un attachement profond à l’esprit du fair-play et à l’image du quartier.
Le secrétaire général Seydou Sarr revient, quant à lui, sur les difficultés d’intégration après leur sortie de la zone de Yeumbeul. En rejoignant Guediawaye, le club a dû faire face à de nouveaux défis sportifs, perdant trois matchs dès la première saison. “Chaque zone a sa réalité. On apprend, on s’adapte, et cette année, on revient avec plus d’ambitions”, déclare-t-il. Il évoque également les réalités financières : certains joueurs exigent des primes élevées, jusqu’à 350 000 FCFA, ce qui complique le recrutement.
Cette année, l’équipe a intégré 19 nouveaux joueurs, espérant créer une synergie forte pour atteindre la finale. “Impossible n’est pas MINAM” est le slogan de la saison. L’ASC veut se faire une place parmi les grands clubs de Guediawaye et entend bien le prouver sur le terrain. L’ambition est claire : s’imposer et décrocher la coupe.
La section féminine, dirigée par Rama Niang, joue un rôle de soutien crucial. Depuis 2014, elle coordonne la logistique, gère les maillots, la lessive, et surtout l’accompagnement moral des garçons. Rama alerte cependant sur un problème récurrent : l’insécurité. “On a peur d’aller au stade, surtout en période de tensions. Je lance un appel à la paix”, affirme-t-elle, déterminée à protéger l’image du club.
L’ambiance au sein de l’ASC est assurée par les supporters menés par le charismatique Azico, qui galvanise les troupes au rythme des chants Navétanes. Le président des supporters, quant à lui, annonce la couleur : “On est prêt pour la finale. Même dans les théâtres de rue, on a toujours été devant. Mais tout ça, sans violence. Car le Navétane, c’est trois mois de fraternité, pas de conflit.”
Du côté des joueurs, Arona, milieu récupérateur, ancien de l’ASC Yaakaar, affiche son ambition : “Je suis venu pour aider Minam à atteindre la finale. Le niveau est élevé ici, mais je suis prêt.” Ce transfert stratégique illustre l’attractivité grandissante du club et sa volonté de gravir les échelons.
Enfin, Cheikh Mbaye, le président fondateur, clôt la visite en rappelant l’évolution de l’équipe, de Bibi Love à Olympique Minam, et ses résultats passés : “On a déjà remporté deux coupes. Cette année, on vise la victoire, mais dans la paix. Je réitère mon appel à la non-violence : Minam, c’est d’abord le respect.” Un message fort dans un contexte où le football reste un pilier du vivre-ensemble à Guediawaye.
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