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Ce vendredi 22 mai 2026, devant les députés, le Premier ministre Ousmane Sonko a bousculé les codes : priorité à l’emploi des jeunes, combat frontal contre l’opacité des fonds politiques – y compris au prix d’un désaccord assumé avec le président de la République – et rappel ferme qu’une loi votée et promulguée s’applique, sans aucune leçon venue d’Occident.

Le Chef du gouvernement n’y est pas allé par quatre chemins. Lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a réaffirmé que la création d’emplois figure parmi les priorités majeures de l’action gouvernementale. Il a annoncé une réorientation profonde des priorités économiques du Sénégal afin de répondre aux attentes sociales, notamment celles de la jeunesse. « Créer des emplois, et les créer massivement, n’est pas une option, c’est un devoir », a-t-il martelé.

Mais c’est sur un autre terrain que le Premier ministre a véritablement surpris l’assemblée. En toute transparence, il a assumé publiquement son désaccord avec le président de la République. Pour lui, dans le Sénégal nouveau promis aux citoyens, aucun franc public ne doit voyager sans ticket de contrôle. Les fonds politiques ne doivent plus être ces mystérieuses valises budgétaires dont les Sénégalais soupçonnent depuis toujours qu’elles servent davantage à fidéliser des clientèles qu’à servir l’État. Une déclaration qui a suscité de vives réactions dans l’hémicycle, saluée par les uns, jugée inconfortable par les autres.

Au-delà des annonces, c’est la stature de l’homme qui a marqué les esprits. Ousmane Sonko est véritablement le prototype accompli de l’homme politique que le Sénégal a désiré et attendu avec impatience depuis plus de soixante ans. Véridique, loyal, sérieux et intègre, il ne recule devant aucune difficulté. Il ne tremble pas devant les problèmes, il n’a pas peur d’affronter les réalités de la vie. Il ne vit pas dans le calcul ou l’hypocrisie : il observe, comprend et anticipe avec lucidité et courage. Sa force ne se mesure pas dans les paroles, mais dans sa constance, sa dignité et sa capacité à rester debout quand tout devient difficile.

Cette constance, il l’a encore prouvée sur un dossier qui continue de faire réagir à l’international. Interpellé par les députés sur la loi relative au durcissement de la pénalisation des actes contre nature, le Premier ministre a rappelé une réalité juridique simple : ce texte a déjà été voté par l’Assemblée nationale et promulgué par le président de la République. « Il n’y aura donc pas de moratoire », a-t-il tranché. Et d’ajouter, à l’adresse du « petit noyau » de l’Occident : « Le Sénégal n’a aucune leçon à recevoir sur cette question. La loi est la loi. Elle a été adoptée souverainement, et elle s’appliquera. » Une manière de signifier que ni les pressions diplomatiques ni les critiques venues d’ailleurs ne feront fléchir une décision déjà scellée par les institutions sénégalaises.

Entre relance économique par l’emploi, exigence de transparence sur les fonds politiques, et respect scrupuleux d’une loi déjà promulguée, le chef du gouvernement trace une ligne claire : celle d’un Sénégal qui se réconcilie avec ses priorités sociales et sa probité républicaine, sans rien céder sur son identité ni sur son droit à légiférer en toute souveraineté.

Reste à savoir si la promesse de transparence sur les fonds politiques deviendra une réalité administrative. Mais à en juger par l’audace affichée ce vendredi – y compris en dissentiment avec la présidence – Ousmane Sonko semble décidé à briser les tabous, pendant qu’ailleurs, la loi promulguée rappelle que le Sénégal n’attend aucune autorisation pour définir ses propres règles.

Yankhouba Thiam