La campagne électorale pour les législatives du 17 novembre 2024 touche à sa fin après 21 jours intenses durant lesquels les candidats ont parcouru le pays pour convaincre les citoyens de la pertinence de leurs programmes. Ce marathon politique a été marqué par des discours passionnés, mais également par des actes de violence qui ont assombri l’esprit démocratique que ces élections devraient incarner.
Une campagne sous tension
Les enjeux de ces élections sont particulièrement cruciaux pour l’avenir politique du Sénégal. D’un côté, le pouvoir en place, représenté par la coalition PASTEF, dirigée par le Premier ministre Ousmane Sonko, vise à obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Un tel scénario donnerait à l’exécutif les coudées franches pour gouverner sans entrave, mais laisserait l’opposition dans une position encore plus fragilisée.
De l’autre côté, l’opposition, divisée en plusieurs coalitions majeures, tente de faire face à ce défi. Parmi elles :
La coalition Jamm Ak Njanin ,menée par l’ancien Premier ministre Amadou Ba, qui veut s’affirmer comme une alternative crédible.
L’Inter-coalition Takku Wallu Sénégal, dirigée par l’ex-président Macky Sall, qui cherche à revenir sur le devant de la scène après sa retraite politique controversée.
La coalition Samm Sa Kaddu, sous la conduite du maire de Dakar Barthélémy Dias, qui mobilise un électorat urbain et progressiste.
Une mobilisation nationale inédite
Les candidats ont sillonné les régions, des zones rurales les plus reculées aux grandes villes, pour défendre leurs visions respectives. Ils ont multiplié les rassemblements, les caravanes et les rencontres de proximité dans un climat parfois électrique. Les discours se sont souvent focalisés sur des sujets-clés tels que l’emploi des jeunes, l’éducation, la santé, et la justice sociale. Cependant, la campagne a également été ternie par des affrontements entre militants, des attaques sur les convois, et des provocations verbales qui rappellent les défis d’une démocratie encore en consolidation.
Les enjeux pour l’avenir
Ces législatives sont déterminantes pour les cinq prochaines années. Si PASTEF obtient une majorité absolue, cela pourrait redéfinir les rapports de force politiques dans le pays, rendant l’opposition presque insignifiante à l’Assemblée. À l’inverse, un Parlement divisé pourrait freiner l’action du gouvernement, créant un équilibre des pouvoirs, mais aussi le risque d’un blocage institutionnel.
La diversité des coalitions en lice montre que les Sénégalais cherchent des leaders capables de répondre à leurs attentes dans un contexte économique et social difficile. Le verdict des urnes dira si cette diversité s’exprimera dans une nouvelle configuration parlementaire ou si elle sera balayée par une vague en faveur du parti au pouvoir.
Alors que les citoyens s’apprêtent à voter, une chose est claire : ces élections sont bien plus qu’une simple compétition politique. Elles dessineront l’avenir du Sénégal, avec des répercussions majeures sur la démocratie, la stabilité et la gouvernance du pays. Il appartient maintenant au peuple sénégalais de s’exprimer dans le calme et la sérénité, en espérant que les résultats de ces législatives soient le reflet d’une volonté collective de construire un avenir meilleur.
Cheikh Yankhouba Thiam
Citoyen sénégalais
