Ce samedi, les députés de l’Assemblée nationale ont adopté le projet de loi de finances pour l’année 2025. Cette adoption, effectuée sans débat, reflète l’application de l’article 86, alinéa 6, de la Constitution, activé par le Premier ministre Ousmane Sonko.
Dans une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, le chef du gouvernement a engagé la responsabilité de l’exécutif, marquant ainsi une étape clé dans la gestion budgétaire du pays. Cette démarche fait suite à une délibération en Conseil des ministres, témoignant d’une volonté d’accélérer la mise en œuvre des priorités nationales.
Les grandes lignes du budget 2025
Le projet de loi de finances pour 2025 prévoit un déficit budgétaire de 7,08 % du PIB, un niveau qui reste élevé mais justifié par des investissements stratégiques, notamment dans les infrastructures et les secteurs sociaux. Par ailleurs, une croissance économique soutenue de 8,8 % est attendue, accompagnée d’une maîtrise de l’inflation à 1,9 %, un indicateur de stabilité pour l’économie nationale.
Un aspect marquant de ce budget réside dans les recettes issues des hydrocarbures, estimées à 72,53 milliards de francs CFA. Une partie de ces fonds sera orientée vers des fonds stratégiques, destinés à garantir un développement durable et à diversifier l’économie au-delà des revenus pétroliers et gaziers.
Un choix controversé mais constitutionnel
Le recours à l’article 86, alinéa 6, de la Constitution, permettant une adoption sans débat, suscite des interrogations dans les milieux politiques et au sein de la société civile. Si cette procédure est légale, elle prive néanmoins les parlementaires de débats approfondis sur les priorités budgétaires, un exercice jugé essentiel par certains pour garantir la transparence et la redevabilité.
Cependant, le gouvernement défend cette approche comme un moyen d’éviter des blocages politiques et de répondre aux défis économiques avec célérité. « Ce budget incarne une vision ambitieuse pour le Sénégal de demain », a déclaré le Premier ministre lors de la présentation des grandes lignes du projet.
Vers un avenir prometteur ?
Avec des prévisions économiques optimistes et des ressources en hydrocarbures qui commencent à générer des revenus, le budget 2025 symbolise une transition vers une économie plus robuste et diversifiée. Néanmoins, la réussite de cette ambition repose sur une gestion rigoureuse des fonds publics, une mise en œuvre efficace des projets, et un dialogue constant entre l’exécutif, le législatif et la population.
L’adoption de cette loi de finances constitue donc une étape décisive pour le Sénégal, à l’aube de transformations économiques majeures. Mais elle appelle également à une vigilance accrue pour que les fruits de cette croissance soient équitablement partagés et bénéfiques à tous les citoyens.
Yankhouba Thiam
