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C’est un coup de théâtre politique qui s’est joué hier à Tambacounda. Alors que la tension est à son comble entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko , Alpha Thiam, membre influent de la mouvance présidentielle, a jeté un pavé dans la mare.

Dans une déclaration aussi claire que surprenante, il a officiellement lancé un appel à « toute l’opposition » pour faire front commun. L’objectif avoué : battre Ousmane Sonko et l’empêcher de verrouiller l’avenir politique du Sénégal.

Après des mois de guerre larvée au sommet de l’État, la lumière semble enfin sortir. Alors que Sonko menace de retirer son parti (Pastef) du gouvernement et de retourner dans l’opposition si le Préseur s’écarte de sa ligne , les proches de Diomaye passent à l’offensive.

Alpha Thiam n’y est pas allé de main morte. Il a dénoncé une tentative de mainmise sur l’agenda national et a lancé un plaidoyer vibrant pour la création d’une « Union pour la Majorité Présidentielle » (UMP) structurée .

Face à la « menace » Sonko, Thiam a cité des noms qui ont fait trembler le régime précédent mais qui sont aujourd’hui relégués dans l’opposition. Il a lancé un appel solennel à :

· Khalifa Sall (ancien maire de Dakar),
· Amadou Ba (ancien ministre et candidat malheureux de Benno),
· Bougane Gueye (leader du Gueum Sa Bopp),
· Karim Wade (fils de l’ancien président Abdoulaye Wade) .

L’appel est historique : il s’agit de mettre de côté les rancœurs passées pour construire une « équipe nationale de développement » capable de porter l’Agenda Sénégal 2050, mais surtout de contrer l’influence du leader de Pastef.

Le discours d’Alpha Thiam illustre un paradoxe saisissant. Il rappelle que c’est bien Ousmane Sonko qui a « fait » de Diomaye Faye le Président. En 2024, empêché de se présenter, Sonko avait poussé son « petit frère » Diomaye sur le devant de la scène .

Mais aujourd’hui, les rôles s’inversent. Le Président, qui a désormais pris ses marques, veut exister par lui-même. La création de la coalition « Diomaye Président » est perçue par les Sonkistes comme une tentative de créer un « parti parallèle » pour marginaliser le Premier ministre .

En se tournant vers l’opposition traditionnelle (libéraux et socialistes), Alpha Thiam officialise ce que beaucoup murmuraient : le divorce est consommé. Diomaye n’est plus le prête-nom de Sonko.

Si cet appel aboutit, le paysage politique sénégalais vivra un séisme. On passerait d’un face-à-face Pastef vs Benno à un duel « Front Diomaye » (allié à l’opposition historique) vs « Pastef pur et dur ».

Reste à savoir si Khalifa Sall, Amadou Ba ou Karim Wade accepteront de rejoindre celui qui incarne aujourd’hui le pouvoir qu’ils ont combattu toute leur carrière. Mais une chose est sûre : à Tambacounda, Alpha Thiam a sonné la charge. La guerre de succession pour 2029 est officiellement déclarée.

Yankhouba Thiam