Les gens , souvent , critiquent facilement les jeunes sénégalais sans emploi, chômeurs et oisifs qui n’ont rien à faire que de passer le temps autour de leur théière pour décompresser et meubler le temps.On leur reproche de ne pas faire les petits métiers comme les étrangers de la sous région qui séjournent dans notre pays.Fadilou Keita a formulé cette même critique dans une émission de télévision.
Il faut, toutefois, savoir que l’immigré et le jeune sénégalais ne sont pas dans les mêmes conditions pour réussir dans les petits métiers.
Plusieurs raisons, d’ordres culturel et sociétal font que là où l’immigré peut réussir,le jeune sénégalais risque souvent d’y échouer.Et ce n’est pas faute de volonté et de debrouardise.
C’est que les petits métiers, qui ne génèrent que de maigres profits ,ne peuvent pas soutenir les dépenses fixes et obligatoires qu’exige la pesanteur sociale sous laquelle ploie l’autochtone : vêtements, cérémonies, fêtes, alimentation, aides à la famille, logements décents …
Par contre, l’immigré,loin de son pays,est affranchis de toutes ces dépenses.Il peut, par conséquent, thésauriser les infimes bénéfices pour augmenter son capital et investir dans des projets plus viables.
De plus, dans tous les pays d’accueil, les immigrés n’occupent que les emplois dédaignés des nationaux du fait d’ établis culturels .Il faut quand même accepter qu’on ne vit pas seulement que de pain .
Mais encore,les emplois occupés par les immigrés demandent des journées de travail tellement longues qu’ils sont incompatibles avec les exigences d’une vie en communauté.On ne peut pas,par exemple, fermer sa boutique pour aller rendre des visites de courtoisie à des parents à des amis ou pour se présenter aux baptêmes, mariages, funérailles,gamou,magal,navetanes…On ne peut pas, non plus,refuser de prêter quelques kilos de riz à un voisins en panne de dépenses quotidiennes.Après avoir expulsé,dans les années 90,les maurs qui détenaient le commerce de détail à cause des malentendus entre le Sénégal et la Mauritanie,la majeure partie des sénégalais qui a repris le secteur a fait faillite, après, seulement, quelques mois d’exercice.
C’est pour ces raisons que nous suggérons aux nouvelles autorités de faire une analyse profonde et holistique de la question de l’oisiveté des jeunes avant d’en parler avec arrogance ou de tenter la réouverture des SONADIS.
Elimane Ndiaye chargé de communication ndiareme limamou laye
