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Monsieur le Ministre, enfin de ce qu’il vous en reste, vous invitez au pardon et à la réconciliation, c’est une idée noble mais juste si et seulement si elle est précédée de vérité. Oui, vérité puis réconciliation.
En regardant le retroviseur, l’histoire nous enseigne que toutes les nations qui ont eu recours à ce procédé, ont commencé par la vérité avant de réconcilier leur peuple et à la différence de notre pays, ces nations ont connu des épisodes très douloureux:
– Afrique du Sud : Commission de la Vérité et de la réconciliation présidée par Desmond Tutu ,
– Burundi : Commission Vérité et réconciliation prévue par les Accords d’Arusha de 2000,
– Pérou : Commission de la Vérité et de la Réconciliation a été créée en 2001 par le président de transition Valentin Paniagua suite au conflit armé entre 1980 et 2000,
– Maroc : Instance Equité et Réconciliation mise en place par le Roi Mohammed VI chargée de faire la lumière sur les années de plomb,
– Tunisie : Instance Vérité et Dignité créée à la suite de la Révolution tunisienne,
– Côte d’Ivoire : Commission Vérité et Réconciliation mise en place par le Président Ouattara et dirigée par Charles Konan Banny,
la liste est malheureusement longue (Canada, Corée du Sud, Togo, Norvège, etc.). Vous parlez de pardon mais que doit-on pardonner ? Qui doit pardonner ? Et les victimes qui ne réclament pas vengeance mais juste que la lumière soit faite sur ce qu’ils ont subi.
Pas de justice, pas de paix et cette inéluctable justice passe par la vérité. Vous ramez à contre-courant de ce dont pourquoi Pastef a été porté au pouvoir: un projet de société que les sénégalais ont plébiscité avec 54% des suffrages exprimés aux présidentielles de mars 2024, élections auxquelles vous avez d’ailleurs apporté votre « soutien » et nous nous demandons, légitimement, à quel point car les législatives vous ont crédité d’un député. Vous avez montré que vous ne partagez pas la ligne du gouvernement.
Vous n’avez pas le droit de minimiser la douleur des familles des victimes et vous ne pouvez pas, non plus, faire preuve de cécité face à cet abysse financier que le défunt régime nous a volontairement laissé. C’est faire preuve de mémoire sélective. Le bilan que les sénégalais attendent de ce régime, c’est la vérité sur ce qu’il s’est passé (assassinats, tortures, délits financier) et la justice.
Le Sénégal vous dépasse Monsieur le Ministre. Ousmane Sonko a forgé des personnalités et éveillé des consciences.
Les sénégalais regardent le même cap et ne demandent qu’une chose: que la vérité éclate et que justice leur soit rendue. Ce Sénégal vous a dépassé.
Pardonner? oui mais vérité et justice d’abord.
A votre place, je démissionnerai. Vous devriez démissionner de ce gouvernement avec lequel vous ne partagez pas la vision encore moins le PROJET porté par Ousmane SONKO et soutenu par des millions de Ousmane Sonko de tout âge et tout sexe. Ils sont 54% ou enfin 53,99999% en enlevant votre contribution de 0,00001%.
En vous prononçant publiquement sur les ondes de la RSI (Radio Sénégal Internationale), vous avez marqué votre opposition à la ligne gouvernementale et défier votre supérieur que vous évitez soigneusement de citer. A la mission d’éclaireur, vous vous êtes assombri.
Partir, Monsieur le Ministre, c’est une question de cohérence et de logique.

Dame COUNDOUL
Pastef Occitanie, Toulouse
France