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«Le temps est venu de moderniser l’élevage en aidant l’éleveur sénégalais à fructifier son capital».

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M. le Président, tel était le souhait tant espérer par les éleveurs du Sénégal dont vous avez fait vôtre à l’occasion de la Journée de l’Elevage à Koungheul en 2016.
Si des avancées notables ont été perçues au niveau de l’élevage d’ovins, de bovins et de volailles au point d’attirer tout promoteur flairant avec appétence des opportunités d’investissement réussi, je doute fort que les éleveurs de porcs puissent en dire autant.
Laissés à eux-mêmes ces dignes filles et fils du Sénégal ont courageusement pris sur eux des initiatives qui leur ont permis d’établir un cadre leur permettant de tenir leurs activités.
Au moment où nous célébrons la fête du Mouton, des éleveurs et vendeurs de porcs de Yarakh ont reçu une sommation de la part de la DSCOS pour libérer le seul endroit qu’ils ont pour gagner honnêtement leurs vies à Dakar. Le même scénario s’était produit il y a un an au marché « Bignona »sis à Grand-Yoff avec des menaces d’expulsion qui persistent.
Je me suis permis d’effectuer un déplacement à Grand Yoff (Bignona) pour constater de visu les difficultés que rencontrent les vendeurs de porc.

Le principal problème est celui du foncier : on ne leur a conférer aucun droit sur leur lieux d’établissement.
Et pourtant, le marché Bignona de Grand-Yoff existe depuis plus d’un demi-siècle. La création de ce marché résulte du fait que les vendeurs de porcs ont été bannis des marchés communautaires à cause de la viande qu’ils vendent.
C’est malheureux de constater dans un pays «Laïc» comme le Sénégal, dont l’entente et le respect mutuel de toutes les communautés ethniques et religieuses sont tant ventés, les éleveurs de porcs ne soient pas acceptés dans les marchés communautaires pour des raisons qu’il est plus que redondant d’évoquer.
Il aurait été plus judicieux, faisant écho à nos valeurs religieuses et culturelles qui nous imposent l’acception de l’autre tel qu’il est, de mettre un cadre qui permettra d’intégrer ses éleveurs au niveau de ses marchés.
A coup sûr, ils n’auraient pas occupé irrégulièrement les espaces de Yarakh et de Grand-Yoff pour tenir leur business.

L’autre fait majeur à signaler c’est la faiblesse du montant alloué par le FOND FORCE COVID-19.
Pour un marché de Bignona qui regroupe 300 employés, le Gouvernement à travers le ministère de l’élevage a remis une enveloppe de 500.000 Frs CFA. Cette action montre à suffisance l’importance dérisoire que le gouvernement Sénégalais semble donner à l’élevage porcin, surtout qu’au même moment le Ministère de la Jeunesse a octroyé une subvention aux associations à hauteur de 1.000.000 Frs CFA par association.
M. le Président de la République, votre volonté émise en 2016 de voir l’éleveur sénégalais fructifier son capital, que nous savons sincère, tarde à se sentir dans le secteur de l’élevage porcin.

Monsieur le Président, les éleveurs et les consommateurs de porc ne sont pas des parias qui faut purifier à l’autel du sacrifice au nom d’une éthique républicaine partiale et partisane.

Les consommateurs de porc méritent le respect de tous et surtout de l’Etat dans leur choix culinaire.
Aussi, vous devez aux éleveurs de porc un accompagnement à la mesure de celle des autres filières d’élevage car elle fait vivre de nombreuses familles dignement.

Pour éviter cette injustice, M. le Président, nous vous invitons, à travers votre programme très pertinent de modernisation des marchés, à prendre des mesures afin de les intégrer avec un espace dédié.

A défaut, je vous prie, M. le Président, de dégager un budget conséquent pour la construction de nouveaux marchés consacrés à la vente de porcs dans chaque région du Sénégal.

Ronald Christian Kanfoudy
Responsable APR/Guédiawaye

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