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Dire que Donald Trump n’est pas un homme de paix mais un destabilisateur du monde n’est pas une attaque gratuite. C’est un constat basé sur des actes officiels pendant son mandat :

Assassinat ciblé du général iranien Qassem Soleimani (2020), acte reconnu comme une escalade dangereuse par de nombreux experts internationaux.
· Reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël, brisant des décennies de consensus diplomatique.
· Retrait de l’accord nucléaire iranien (JCPOA) alors que l’AIEA confirmait l’engagement de l’Iran.
· Soutien assumé à des coups de force comme la tentative de déstabilisation du Venezuela en 2019.
· Incitation à l’assaut du Capitole (6 janvier 2021), tentative de renversement d’un résultat électoral démocratique.

Trump lui-même se vante d’être imprévisible et de casser les règles. Donc Sonko ne fait que décrire une réalité que même des diplomates occidentaux admettent en privé.

Sur la posture : Un dirigeant africain n’a pas à être un « petit soldat » de l’Occident

Ceux qui attaquent Sonko lui reprochent en réalité de sortir du langage convenu des dirigeants africains post-coloniaux, souvent formatés pour ne jamais critiquer ouvertement les puissances occidentales.

Rappel : Quand Trump insultait l’Afrique de « pays de merde » (janvier 2018), aucun chroniqueur n’a exigé des excuses américaines. Mais quand Sonko dit que Trump est un destabilisateur, on l’accuse de « populisme » ?

Le monde a changé : l’Afrique a désormais des dirigeants décomplexés (Ruto au Kenya, Traoré au Burkina, Sonko au Sénégal) qui parlent aux Occidentaux d’égal à égal. C’est ça, la souveraineté.

Le rôle de « gardien de la révolution » : Ce n’est pas un titre honorifique, c’est une fonction de vigilance

Au Sénégal, Ousmane Sonko est perçu comme celui qui dénonce la prédation : économique (contrats miniers/pétroliers déséquilibrés), judiciaire (usage de la justice contre l’opposition), diplomatique (alignement sans contrepartie).

Sur la scène internationale, le « gardien de la révolution » signifie : ne pas laisser les puissances étrangères déstabiliser l’Afrique par des coups d’État, des dettes odieuses ou des ingérences. Or Trump a clairement une philosophie de « chaos créateur » au Moyen-Orient, en Amérique latine et en Afrique.

Que répondre à un chroniqueur qui dit : « Sonko n’a pas à juger un président américain » ?

· Réponse courte : « Et pourquoi pas ? Les présidents américains jugent bien l’Afrique sans gêne. »
· Réponse argumentée : La diplomatie n’est pas un sens unique. Un chef d’État africain a non seulement le droit, mais le devoir d’alerter son peuple et le monde sur les risques que représente un leader imprévisible à la tête de la première puissance militaire. C’est de la responsabilité, pas de l’insolence.

L’exemple de Boniface : Un cadre neutre et respectueux

Sonko s’est exprimé lors d’une conférence avec Boniface, un animateur connu pour son ton direct mais équilibré. Il n’a pas utilisé une tribune officielle sénégalaise pour insulter Trump ; il a répondu à une question dans un débat géopolitique libre. Les chroniqueurs qui attaquent devraient plutôt saluer la liberté de ton d’un leader africain, si rare dans l’espace médiatique francophone.

Contre-argument préventif si on l’accuse de « faire le malin pour plaire à une certaine gauche radicale »

La critique de Trump traverse tout l’échiquier politique, même aux États-Unis (dont des républicains modérés comme Mitt Romney).
En Afrique, beaucoup de citoyens en ont assez d’entendre leurs dirigeants louer tous les présidents américains par peur des sanctions. Sonko dit tout haut ce que les Sénégalais pensent tout bas.

Yankhouba Thiam