Le Sénégal a évité de justesse un incident de paiement majeur en s’acquittant, avant la date limite, d’une lourde échéance de sa dette extérieure. Un signal fort envoyé aux marchés financiers, alors que le pays tente de renouer avec le FMI.
Le gouvernement sénégalais a respecté ses engagements. Selon des informations rapportées par l’agence Bloomberg et confirmées par des sources proches du dossier, les autorités ont procédé au règlement de 471 millions de dollars au titre du service de la dette extérieure, juste avant l’échéance critique du 13 mars.
Ce paiement, loin d’être anodin, a permis d’écarter le spectre d’un défaut de paiement qui aurait gravement compromis la confiance des investisseurs et isolé le pays sur les marchés financiers internationaux.
Dans le détail, ce sont 380 millions d’euros (environ 438 millions de dollars) qui ont été transférés par la Banque centrale aux porteurs d’euro-obligations venant à échéance en 2028. Ce montant couvre à la fois le remboursement du principal et le paiement des coupons dus.
Parallèlement, une somme complémentaire de 33 millions de dollars a été versée aux investisseurs détenant des obligations libellées en dollars, dont l’échéance est fixée à 2048. Les transferts, effectués par l’intermédiaire de banques dépositaires, devraient être crédités sur les comptes des créanciers d’ici la fin de la semaine.
Ce règlement intervient dans un contexte économique national particulièrement tendu. Depuis la découverte en 2024 d’une dette non déclarée estimée à près de 7 milliards de dollars, la relation entre le Sénégal et ses partenaires financiers traditionnels s’est complexifiée.
L’accord avec le Fonds monétaire international (FMI) avait été suspendu, gelant de fait une partie de l’assistance financière attendue par le pays. En honorant cette échéance, Dakar démontre sa volonté de normaliser sa situation.
Si ce paiement est perçu comme un signal de bonne foi, il ne règle pas pour autant tous les défis structurels. Le Sénégal doit désormais relancer rapidement les discussions avec le FMI pour débloquer son programme d’aide et rassurer durablement les investisseurs.
En évitant ce que les économistes appellent un « incident de paiement », le gouvernement souffle un vent d’apaisement sur ses finances publiques et pose une première pierre à la reconstruction de sa crédibilité financière. La balle est désormais dans le camp des négociations avec les institutions de Bretton Woods pour consolider cette reprise de confiance.
Yankhouba Thiam
