Ce samedi, la Fédération des taxis de banlieue, plus connus sous l’appellation de « Clandos », a tenu un point de presse à Guédiawaye, précisément dans la commune de Wakhinane Nimzath. Cette rencontre a réuni des chauffeurs venus de plusieurs localités de la banlieue dakaroise, notamment Pikine, Parcelles Assainies, Mbao, Keur Massar, Yeumbeul, Guédiawaye et Rufisque. Les présidents de sections et les représentants des différents partis de la banlieue ont répondu présents pour porter une revendication commune : la régulation officielle des taxis de banlieue par l’État du Sénégal.
Prenant la parole, le président de la fédération, Pape Yoro Gueye, est revenu sur l’historique des taxis « Clandos », dont l’existence remonte à 1983 dans la banlieue. Selon lui, ces véhicules ont longtemps joué un rôle essentiel dans la mobilité des populations, surtout après le départ de la SOTRAC, qui avait fortement limité les possibilités de déplacement des habitants des zones périphériques. Cette situation a poussé les chauffeurs de clandos à s’organiser pour répondre aux besoins urgents de transport.
Malgré leur utilité sociale, les membres de la fédération dénoncent une absence totale de statut juridique. « Nous n’avons aucune reconnaissance officielle, alors que nous regroupons des jeunes et des personnes âgées qui vivent de cette activité depuis des décennies », a expliqué Pape Yoro Gueye. Il rappelle également qu’un arrêté d’un ancien gouverneur avait amorcé une tentative de reconnaissance, restée sans suite concrète. Aujourd’hui, les chauffeurs se disent fatigués des pressions constantes et de l’insécurité administrative sur les routes de la banlieue.
La fédération estime pourtant que le secteur des clandos contribue fortement à l’économie locale. Avec environ 5 000 véhicules en circulation quotidienne dans la banlieue, les recettes générées pourraient atteindre jusqu’à 15 millions de francs CFA par jour, selon leurs estimations. Les responsables affirment disposer de projets structurants qu’ils souhaitent discuter avec le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, afin de formaliser et moderniser le secteur.
Parmi leurs principales doléances figure la mise en place d’une licence spécifique, appelée licence TDC, ainsi que l’instauration de macarons officiels pour chaque véhicule. L’objectif est de permettre aux chauffeurs de payer mensuellement leurs taxes directement au Trésor public, afin de réduire la corruption et les tracasseries policières. La fédération réclame également des mesures d’accompagnement, notamment à travers des formations professionnelles et techniques (3FTP).
De son côté, Sambe Gueye, chargé de communication de la fédération, a insisté sur la question de la corruption routière. Il a souligné que de nombreux chauffeurs ont un bon niveau d’instruction, certains ayant même obtenu le baccalauréat ou suivi des études supérieures. « Nous sommes prêts à payer des taxes et à contribuer au développement de notre pays », a-t-il déclaré, tout en regrettant l’absence de réponses de la Primature, du ministère de tutelle et du ministère de l’Intérieur. Il a toutefois salué la disponibilité du préfet de Pikine, seul représentant de l’État à avoir répondu à leurs correspondances.
En conclusion, les responsables de la fédération ont lancé un appel solennel aux autorités étatiques pour une prise en compte urgente des chauffeurs de taxis de banlieue. Ils ont également exhorté les autres taxis clandos à respecter les décisions de la fédération et à privilégier l’unité. « Nous nous battons pour l’intérêt collectif. Il est temps d’être solidaires et organisés pour obtenir une régulation juste et durable », ont-ils affirmé.
