Le tribunal a rendu son verdict dans l’affaire de trafic de visas impliquant le lutteur sénégalais Lac de Guiers 2, membre de l’écurie Walo. Alors que le parquet réclamait un an de prison ferme, la cour a finalement opté pour une peine mixte. Le sportif, déjà incarcéré pendant près de deux mois en détention préventive, a été reconnu coupable d’avoir encaissé 53 millions de FCFA auprès de candidats à l’émigration, tout en maintenant son innocence.
Lors de l’audience, l’athlète a reconnu avoir reçu les fonds mais a nié toute intention frauduleuse. Selon lui, il souhaitait simplement aider des compatriotes à se rendre en France à l’occasion d’un de ses combats. « Si j’étais un escroc, je ne les aurais pas invités chez moi, et je n’aurais pas fait de vidéo », a-t-il plaidé, rejetant la responsabilité sur Salam, son co-prévenu et préparateur mystique, qu’il accuse d’avoir récupéré l’argent contre décharge.
Cependant, plusieurs victimes ont affirmé lui avoir remis les sommes directement, contredisant sa version. Le parquet a dénoncé une exploitation de sa notoriété pour abuser de la confiance des plaignants, leur laissant croire qu’il pouvait faciliter leur voyage vers l’Europe.
Malgré la sévérité demandée par l’accusation, les juges ont choisi une condamnation mixte, tenant compte peut-être de son profil et de son passé sportif. Cette décision soulève des questions sur l’équilibre entre responsabilité et circonstances atténuantes dans les affaires impliquant des personnalités publiques.
Cette affaire met en lumière les dérives possibles de l’influence et les risques d’arnaques liées à l’émigration clandestine. Si Lac de Guiers 2 évite le ferme, sa condamnation reste un avertissement pour ceux qui abuseraient de leur statut au détriment d’autrui.
Yankhouba Thiam
