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Le décès tragique de Khalifa Ababacar Sy, ouvrier dans le bâtiment, a plongé sa famille et toute la communauté de Guédiawaye dans une profonde tristesse. Âgé de 36 ans, sans enfants, Khalifa avait intégré depuis seulement neuf jours les travaux de réhabilitation du lycée Limamoulaye. Son frère aîné, Cheikh Tidiane Sy, témoigne que la veille de l’accident, ils avaient passé la soirée ensemble, avant que Khalifa ne parte travailler le lendemain matin. Malheureusement, dans l’après-midi, la famille a reçu l’appel annonçant qu’il avait été victime d’un accident de travail.

Transporté en urgence à l’hôpital Principal de Dakar, Khalifa n’a malheureusement pas survécu. Vers 18 heures, le médecin a confirmé son décès. Le processus de récupération du corps a ensuite été compliqué par des formalités administratives, notamment l’absence de sa pièce d’identité, ce qui a obligé la famille à se rendre auprès de la police pour régulariser la situation. La police scientifique est revenue sur les lieux afin de constater les faits, et le procureur a ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes de la mort, jugée non naturelle.

Le vendredi, la famille a été appelée pour venir récupérer le corps, mais une autopsie a été demandée afin de clarifier les circonstances du décès. Certains camarades de travail de Khalifa, présents sur le chantier, ont donné leur version, mais Cheikh Tidiane rappelle qu’il est important d’éviter toute spéculation tant que l’enquête est en cours. D’ailleurs, plusieurs ouvriers travaillant sur le site ont déjà été entendus et arrêtés par la police dans le cadre de l’investigation.

Ce drame met une nouvelle fois en lumière la précarité des ouvriers du bâtiment au Sénégal. Selon son frère, Khalifa travaillait sans contrat, malgré sa grande qualification dans son métier. Ce manque de régularisation fragilise les droits des travailleurs et les expose à des risques importants, sans garanties ni protection. Récemment encore, un accident similaire avait été signalé à Dakar, révélant l’ampleur des dangers liés au secteur du bâtiment lorsque les conditions de sécurité ne sont pas respectées.

Au-delà de l’accident lui-même, la famille dénonce également des négligences dans les structures hospitalières. Le cri du cœur de Cheikh Tidiane Sy interpelle les autorités sanitaires et les entreprises : il appelle à plus de rigueur dans la prise en charge des urgences, ainsi qu’à une meilleure protection des ouvriers sur les chantiers. Pour lui, il est urgent que les jeunes travailleurs soient respectés et que des conditions de travail dignes et sécurisées leur soient garanties.

Enfin, la famille Sy remercie chaleureusement les voisins, les habitants de Guédiawaye et particulièrement la population de Baye, qui se sont massivement mobilisés pour soutenir la famille dans cette épreuve douloureuse. Ce drame rappelle l’importance de la solidarité communautaire face aux tragédies. Que l’âme de Khalifa Ababacar Sy repose en paix, et que justice soit rendue afin qu’un tel accident ne se reproduise plus.

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