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Par un décret présidentiel historique, le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a officiellement mis fin aux fonctions de Monsieur Ousmane Sonko en tant que Premier ministre. La mesure a été officialisée par le décret n°2026-1128, signé ce vendredi 22 mai 2026 .

Cette décision présidentielle entraîne automatiquement la dissolution de l’ensemble du gouvernement. Selon les termes du décret, les ministres et secrétaires d’État sortants sont toutement chargés d’expédier les affaires courantes jusqu’à la formation effective d’une nouvelle équipe gouvernementale .

Ce limogeage survient dans un climat de fortes spéculations politiques. Ousmane Sonko, qui occupait le poste de Premier ministre depuis avril 2024 suite à l’élection de Bassirou Diomaye Faye, était perçu comme une figure centrale de la mouvance présidentielle. Cependant, plusieurs analystes évoquaient depuis plusieurs semaines des tensions au sommet de l’État, allant même jusqu’à parler d’un processus interne de « désonkorisation » visant à écarter progressivement les proches de l’ancien Premier ministre pour renforcer l’autorité directe du Chef de l’État .

Avant cette décision, le rapport de force à l’Assemblée nationale laissait présager des difficultés. Des députés de la mouvance présidentielle avaient publiquement menacé, début mai 2026, de déposer des motions de censure systématiques contre tout nouveau gouvernement qui viendrait à remplacer celui d’Ousmane Sonko . Ce bras de fer institutionnel annoncé place désormais le pays dans une situation d’attente, alors que le Président Diomaye Faye doit nommer un successeur capable de composer avec une majorité parlementaire largement acquise à l’ancien Premier ministre.

La signature de ce décret marque un tournant majeur dans la vie politique sénégalaise. Elle met fin à plus de deux ans de cohabitation exécutive entre les deux hommes et ouvre une période d’incertitude quant à la composition du prochain gouvernement et la stabilité de l’agenda des réformes. Le pays observe désormais avec attention la nomination du futur Premier ministre, un choix stratégique qui déterminera la capacité du président à gouverner sans friction avec le palais parlementaire.

Yankhouba Thian